Bye Bye England Libération

Libération published a comment piece on Brexit today. Here is the French. (There may be some small differences with printed copy)

Libération 24 April 2015
Bye Bye England L’Europe Doit Se Préparer au Brexit
Par Denis MacShane

Les britanniques sont à la veille de l’une des plus importantes décisions historiques de l’après-guerre. En 2017, alors que le reste de l’Europe célèbrera le 60ème anniversaire du Traité de Rome, le Royaume Uni sortira de l’Union européenne à moins que la politique au Royaume Uni ne prenne un tournant radical.
Si le premier ministre David Cameron est reconduit au No10 Downing street, le Royaume Uni aura son référendum sur son appartenance à l’UE. Si c’est le cas, les chances que l’électorat se prononce en faveur de la sortie de l’UE sont élevées.

Jusqu’à présent, peu de débats publics se sont tenus autour de la question de savoir quel serait l’impact du référendum Brexit sur la relation entre le Royaume Uni et l’Europe et la place du Royaume Uni dans le monde.

Le moment est venu d’admettre que différents affluents – politiques, économiques, culturelles, identitaires, historiques, et une grande partie des medias – confluent vers un bassin puissant qui pourrait faire sortir le Royaume Uni de l’Europe.
Au cours des vingt dernières années, l’orientation politique du parti conservateur a été fermement anti-européenne. Le parti travailliste, quant à lui, a gardé le silence et n’a pas plaidé en faveur de l’Europe avec force et vigueur.
Le parti UKIP anti-européen a eu 25 pour cent des voix aux élections municipales et européennes en 2014. Le parti de M. Farage ne remportera peut être pas beaucoup de sièges au parlement mais une fois que le plébiscite est annoncé, UKIP comme le FN en France augmentera la pression populiste anti-européenne.
L’attrait économique de l’Europe qui avait suscité le soutien du Royaume Uni en sa faveur au 20ème siècle, s’est dissipé.
Les medias se moquent de l’UE et la tournent en dérision à la moindre occasion. La BBC a transformé Nigel Farage en héros national. Il n’existe aucune couverture médiatique importante en faveur de l’Europe. Des journaux tels que le Guardian, qui sont pro-européens au plan culturel, publient article sur article qui font la critique de l’UE, de Bruxelles et présentent l’Euro comme un monstre qui n’aurait jamais dû naître.
L’arrivée massive d’1,5 millions immigrés venus de l’Europe de l’Est a provoqué des passions anti-immigrées qui ont fusionné avec l’euroscepticisme pour nourrir la recrudescence des sentiments anti-européens.
Un nouveau front anti-européen s’est ouvert avec des attaques constants contre la Cour européenne des droits de l’homme accusée d’empêcher les juges britanniques de déporter des terroristes dangereux et d’obliger les députés britanniques à amender les lois relatives aux droits de vote des prisonniers, questions qui unissent les Tories et le Labour contre l’Europe.
Tous ces différents courants se retrouvent ainsi unis. Si le référendum sur la sortie du Royaume Uni de l’UE est organisé les britanniques et nos amis dans les autres pays ne devraient pas présumer que les électeurs se prononceront en disant oui à l’Europe.
M. Cameron déclare qu’il souhaite amender les traités européens pour que le Royaume Uni puisse contrôler le flux des citoyens européens dans le pays. Les députés conservateurs et les grands patrons anglais disent qu’ils veulent de nouvelles règles excluant le Royaume Uni de l’Europe sociale. Mais si Bruxelles autorise une telle dérogation, elle risque d’aliéner toute la gauche britannique. Tout comme les socialistes français l’avaient fait en 2005 dans le référendum sur la constitution européenne, beaucoup voteront contre la vision de M. Cameron en faveur d’une Europe ultra-libérale où le pouvoir sera détenu uniquement par le capital et où les syndicats et les travailleurs seront réduits à l’état d’eunuques.
En 2017, si David Cameron est réélu, il aura été premier ministre pendant 7 ans. Il ne jouira pas d’une grande popularité. Ceux qui souhaiteront lui nuire seront tentés de voter contre lui dans le Brexit ou tout autre référendum.
Les britanniques pro-européens, dont la plupart ont atteint l’âge de la retraite estiment avec une certaine complaisance que les britanniques ne voteront jamais en faveur d’une sortie de l’UE. Mais à moins que Rupert Murdoch, Nigel Farage et David Cameron ne se dépouillent de leur peau d’eurosceptique pour se transformer soudainement en apôtres europhiles, il est loin d’être sûr que le Royaume Uni sera encore membre de l’UE à la fin de la décennie.

Le différend au sujet de la Grèce n’est qu’un prélude à une question beaucoup plus importante si le Royaume Uni passe à l’étape du référendum. Les gouvernements, les institutions européennes et les entreprises devraient se préparer dès à présent à assister au spectacle du Royaume Uni quittant l’Europe en somnambule aux prises avec les passions populistes suscitées par le plebiscite de M Cameron.
Denis MacShane a été ministre pour l’Europe dans le gouvernement de Tony Blair et il est l’auteur de Brexit: How Britain Will Leave Europe publié par IB Tauris

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